Ce travail a commencé lors d’un voyage dans les pays de l’Europe du Nord durant l’été 2008. Je me suis penchée sur de minuscules et sommaires installations dans des endroits incongrus où des objets perdus avaient été ramassés et mis en évidence par des passants attentifs afin que leurs propriétaires les retrouvent.
Partant du principe qu’un objet perdu est un objet manquant, donc à remplacer, j’ai entrepris un travail de restitution, suite logique de ma démarche artistique qui est d’éviter la prolifération de l’objet sur terre.

Depuis, sans toucher à rien, je photographie écharpes, lunettes, clés, enjoliveurs, outils, pulls, peluches, jouets perdus…, chaque fois je réalise une fiche technique de l’objet sous son angle le plus reconnaissable, puis un plan éloigné pour décrire l’environnement dans lequel il se situe, j’accole ces deux dimensions et je leur adjoins une troisième qui est la position GPS, pour finir de le situer exactement.
Je mets ensuite en ligne ces images sur le net : www.objets-perdus.net, pour entreposer les objets perdus identifiés et pour que les perdants puissent retrouver leur bien.
Deux entrées sont possibles, par l’objet ou par le pays. Ensuite si l’on veut approfondir la recherche, ou rêver… rien n’empêche de taper les points GPS sur Googlemap.

Ou encore acheter le tirage d’une photo d’un objet perdu qui nous touche, pour ce qu’il est, son inscription dans l’espace, et peut-être combler ainsi le vide laissé par un objet perdu jamais retrouvé.
Si la photo est une oeuvre terminée, le site internet est lui évolutif, puisque je vais le compléter avec de nouveaux objets perdus. Il a cette double particularité d’être un lieu virtuel de gardiennage mais aussi une galerie d’exposition de mes photos.

Recherche de résidences d’artistes à l’étranger.

Au fur et à mesure de mes trouvailles, j’ai remarqué que les objets perdus diffèrent selon les pays, selon qu’on est en ville, à la campagne, au bord de la mer. Les objets perdus sont des indicateurs sociologiques non négligeables. On ne perd pas les mêmes objets en Norvège, en Suède, en France ou en Allemagne.
Je retournerais sûrement dans ces pays étrangers pour approfondir mes investigations cependant je suis à la recherche d’autres territoires à explorer. Je voudrais comparer les catégories d’objets trouvés, exotisme mis à part, pour étudier le comportement de sociétés différentes dans leur rapport à l’objet par l’objet perdu. Je suis curieuse de découvrir quels sont les objets perdus au Japon ou en Afrique par exemple.

 

This project started during a trip in Northern Europe in the summer of 2008. I started focusing on miniscule and austere installations in incongruous settings of lost items that had been picked up and placed in view by passersby so their owners could find them.
Starting with the idea that a lost item is lacking, and therefore needs to be replaced, I started working on the concept of returning it, a logical step in my artistic approach, which aims to prevent the proliferation of objects on our planet.
Since then, without touching anything, I have photographed lost scarves, glasses, keys, hubcaps, tools, sweaters, stuffed dolls, toys… In each case I create a technical file of the item, shot from the most identifiable angle, and then a wide angle shot showing the environment in which it is located. I place these two dimensions sided by side and add a third, the GPS position, in order to situate it with precision.
Then I post the images on line at www.objets-perdus.net, to store the lost items I have identified and enable the owners to recover their property.
There are two possible searches:  by object or country. Then, for a more in-depth search, or simply to dream… visitors can type in the GPS coordinates on Google Maps.
Alternatively, visitors can purchase a print of a photo that moves them, simply for what it is, its mark in space, and thus perhaps fill the void left by a lost item they have never been able to find.
While the photo is a finished work, the website continues to evolve, since I plan to complete it with new lost items. It has the dual specificity of a virtual custodianship, but also a gallery of my photos.

Search for artist’s residencies abroad

In the course of my discoveries, I noticed that lost items differed depending on the country, whether they were lost in the countryside, a city or at the seashore. Lost items are significant sociological indicators. People do not lose the same objects in Norway, Sweden, France or Germany.
I will certainly return to these countries to deepen my investigations while looking for new territories to explore. I would like to compare categories of lost items, all exoticism aside, to study the behaviours of different societies and their relation to objects via lost items. I would be curious to discover lost items in Japan or Africa, for example.